Olfa Terras Rambourg : Interview avec une passionnée de son pays d’origine, la Tunisie.

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Olfa Terras Rambourg, un portrait d’une femme mécène engagée, devenue acteur incontournable dans le monde culturel en Tunisie, une Tunisienne bien de chez nous, de Bizerte plus précisément-, vivant à l’étranger. Qui, en six mois, a lancé deux initiatives importantes pour promouvoir arts, littératures, cultures, et qui fait partie des 10 femmes les plus agitatrices de la culture en Tunisie.

Pouvez-vous nous parler de vous et nous présenter la Fondation Rambourg ?

Alors la Fondation porte le nom de mon mari, puisque c’est lui qui finance ses activités, donc j’ai sentie que c’était la moindre des choses que de lui donner le nom de la Fondation parce-que je suis très reconnaissante de ce qu’il fait pour mon pays, qui est devenu le sien par procuration, ou plutôt par amour. Donc elle a été crée en 2011, je pense que c’est partie d’une conviction qu’un pays ne peut progresser et aller de l’avant que si il a un peuple éduqué, cultivé , ouvert, mais aussi un peuple qui est entouré de choses qui le touche. On se concentre principalement sur l’Education et la Culture même si nous avons des actions plutôt sociales.

Votre action philanthropique se déploie essentiellement en Tunisie ? Quel soutien apportez-vous à la Tunisie ?

Aujourd’hui à 100% en Tunisie, on a quelques petites actions encore ailleurs parce-que ce sont des actions qui ont débuté il y’a quelques années et qui sont des actions sur le long terme, mais le plus gros de ce qu’on fait se passe en Tunisie, même si au début on faisait des choses en Tunisie, mais on faisait aussi des choses en Palestine, à Gaza, en Syrie, au Liban, Jordanie, Maroc, Angleterre, France et dans les camps des réfugiés.

Pour le soutien, je pense que je ramène déjà ma sincérité, je ramène un amour inconditionnel et sans attentes. Aujourd’hui en Tunisie, je pense qu’on a une crise de confiance, certaines personnes ont du mal à croire qu’on aime son pays et point. Il n’a pas de calcul particuliers, que ce qu’on fait, on le fait parce-qu’on a envie que ce pays aille mieux. On a tous nos problèmes quotidiens, et psychologiques mais ça fait partie de la nature humaine, on est la parce-qu’on a des convictions, et non pas pour plaire à tout le monde, on est la parce-qu’on a un objectif et on avance avec ceux qui nous soutiennent et malgré ceux qui nous dénigrent.

À cet égard, l’exposition « L’éveil d’une nation » constitue une des réalisations marquantes de la fondation. De quoi s’agissait-il ?

Il s’agissait de se réapproprier notre passé, c’est une période qu’on connaissait très peu dont on a pratiquement jamais parlé, c’est une période qui suscite énormément de passion, il y’a ceux qui aiment, ceux qui détestent, ceux qui trouvent que c’était horrible, ceux qui pensent que c’était une période peut être qui paraissait un peu fastueuse mais qui a creusé le lit du colonialisme etc. Cette exposition c’était justement pour ouvrir un débat pour que tout le monde s’exprime, tout le monde a le droit de débattre tant qu’on reste dans les règles du débat, et donc c’est ce qu’on voulait susciter. Moi je suis assez satisfaite parce-qu’il y a eu quand même des débats, des critiques, il y a eu des gens qui ont adorés, d’autres qui ont dit que c’était un peu biaisais, mais c’est normal c’est ce qu’on voulait.

Est-ce le rôle de la société civile de revaloriser le patrimoine culturel tunisien ?

Il s’agissait aussi de sauver un patrimoine, de sauver tout ce qui a été restauré, qui était donc à Kssar Said dans des conditions extrêmement mauvaises, donc nous avons sauvés un patrimoine et nous avons remis  une période que très peu de tunisiens connaissait mais en tous cas pas dans les détails sans aucun doute. On voit où on est le patrimoine aujourd’hui, et l’Etat n’est plus capable de s’y attaquer seul, il faut être aveugle pour ne pas le voir, il est évident que le mécénat privé qui sauvera le patrimoine mais qui aussi créera une vraie industrie culturelle dans le pays, et ce n’est pas l’Etat qui fera ça.

Vous tenez à l’aspect pédagogique, notamment en direction des plus jeunes ? 

Les jeunes, c’est notre avenir, c’st eux qui sont la cible parce-qu’ils sont plus fragiles, parce-qu’ils sont en colère et qu’ils ont besoin qu’on s’occupe d’eux, d’être encadrés et soutenus, parce-qu’ils sont fantastiques, pleins de vie , et qu’ils ne se sentent pas valorisés.

Dans quelle mesure la culture a-t-elle besoin du mécénat privé ?

Sans mécénat privé, il n’y aura pas de Culture, l’Etat ne peut pas prendre en charge ni créer une industrie culturelle, c’est pas possible, mais il est temps que les gens qui ont les moyens en Tunisie investissent véritablement dans la culture, parce-qu’on peut pas avancer et construire un pays sans avoir misé sur les jeunes, sur leur éducation, leur culture, leur formation, sur la pédagogie et sur les valeurs d’un tunisien.

Est-ce la raison d’être du prix Fondation Rambourg Tunisie pour l’art et la culture ?

La vocation du prix et de mettre à l’honneur, de valoriser, de faire connaître, d’encourager mais aussi de donner des moyens financiers à tous ces jeunes créateurs extraordinaires qui sont en Tunisie et qui sont pas assez valorisés ou encouragés et qui ont énormément de mérite parce-que c’est vraiment une bataille quotidienne pour ces jeunes de continuer à créer, à essayer de se faire une place, de vivre de leur art et c’est pas facile du tout, donc moi je les considère vraiment comme des héros.

Où on est votre projet initié à Kasserine ? Est-ce que ça continue ? 

Ce centre à Kasserine, qui était à la base un centre culturel et qui a énormément évolué puisqu’il est devenu un centre culturel plus un centre sportif, et un centre de formation pour les arts et les métiers de la région de Kasserine. Il ouvrira ses portes en septembre, la construction est totalement finie nous sommes entrain de mette en place une formation de tapissage et teinture en collaboration avec l’ONAT. Je pense que ce centre va complètement changer la région, en tous cas c’est un projet inédit qu suscite énormément d’espoir dans la région. C’est un beau projet.

AlaUneMag vous laisse avec les vidéos de l’interview

Par E.A.E

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